Une conclusion marquante de mes travaux est la suivante : même lorsque des quotas sont introduits, les stereotypes de genre ne disparaissent pas, ils se déplacent. Lors de recrutements séquentiels, on observe que les hommes sont recrutés en premier et sont perçus comme le “choix par défaut”. Les femmes, elles, sont recrutées seulement pour « remplir le quotas », vers la fin du processus.
Et en situation de réduction d’effectifs, ce sont aussi plus fréquemment les femmes qui sortent en premier, comme si leur présence restait plus contingente.
Autrement dit, les quotas ne suffisent pas à neutraliser les représentations implicites. Ils modifient la composition, mais pas automatiquement les normes d’évaluation. La véritable transformation passe donc par un travail sur les critères, les routines décisionnelles et la manière dont le mérite est construit collectivement, mais aussi par la modification du processus de recrutement, qui est moins biaisé lorsqu’il est global et permet de se focaliser sur des comparaisons de compétences.